Déclassification des dossiers OVNI : Pentagone, NASA, AARO, ce qui a vraiment été révélé

Pendant des décennies, les gouvernements ont affiché un désintérêt poli pour les OVNI. Depuis 2017, les États-Unis ont changé de ton : programmes secrets révélés, vidéos militaires officialisées, auditions au Congrès, bureau dédié au Pentagone. Les Américains parlent désormais d’UAP (Unidentified Anomalous Phenomena), l’équivalent de nos PAN. Voici ce qui a réellement été déclassifié, et ce qui ne l’a pas été.

Les précédents : Blue Book et les archives de la NASA

De 1952 à 1969, l’US Air Force a mené le Project Blue Book, qui a recensé plus de 12 000 signalements. À sa clôture, 701 restaient inexpliqués. Les archives ont ensuite été versées aux Archives nationales américaines. Dans les années 2000 et 2010, plusieurs pays ont suivi le mouvement : la France a mis en ligne les archives du GEIPAN en 2007, et le Royaume-Uni a publié des milliers de pages de dossiers du ministère de la Défense. L’ancien OVNI France relayait déjà, à l’époque, la publication de documents de la NASA consacrés à des observations d’astronautes.

2017 : le programme AATIP révélé

En décembre 2017, le New York Times révèle l’existence d’un programme discret du Pentagone, l’AATIP, financé de 2007 à 2012 pour étudier des menaces aériennes non identifiées. L’article s’accompagne de vidéos filmées par des pilotes de l’US Navy.

2020 : les trois vidéos de l’US Navy officialisées

En avril 2020, le Pentagone publie officiellement trois vidéos infrarouges, connues sous les noms de FLIR (ou « Tic Tac », 2004, groupe aéronaval du porte-avions Nimitz), Gimbal et GoFast (2015). Il confirme leur authenticité sans se prononcer sur la nature des objets. Des analystes indépendants ont proposé des explications prosaïques pour certaines séquences : effets optiques du système de visée pour Gimbal, parallaxe donnant une fausse impression de vitesse pour GoFast.

2021 : le rapport du renseignement américain

En juin 2021, le bureau du directeur du renseignement national publie une évaluation préliminaire portant sur 144 signalements militaires recueillis depuis 2004. Un seul est expliqué avec certitude (un ballon qui se dégonfle). Le rapport évoque des encombrements aériens, des phénomènes atmosphériques, des technologies terrestres secrètes ou étrangères, et une catégorie « autres », sans conclure à une origine extraterrestre.

2022 : création de l’AARO

En juillet 2022, le département de la Défense crée l’AARO (All-domain Anomaly Resolution Office), chargé de centraliser et d’analyser les signalements. Ses rapports successifs indiquent que la grande majorité des cas s’expliquent par des ballons, des drones, des oiseaux, des satellites ou des déchets aériens.

2023 : l’audition au Congrès et le rapport de la NASA

En juillet 2023, un ancien officier du renseignement, David Grusch, affirme sous serment devant une commission du Congrès que les États-Unis mèneraient un programme secret de récupération d’engins non humains. Il dit s’appuyer sur des témoignages recueillis auprès d’autres personnes, sans présenter de preuve publique. En septembre 2023, un panel indépendant mandaté par la NASA publie son rapport : il ne trouve aucune preuve d’une origine extraterrestre, mais recommande une collecte de données plus rigoureuse et la levée du tabou qui dissuade les pilotes de signaler ce qu’ils voient.

2024 : le rapport historique de l’AARO

En mars 2024, l’AARO publie un premier volume de revue historique couvrant les programmes gouvernementaux depuis 1945. Il conclut n’avoir trouvé aucune preuve qu’un gouvernement américain ait récupéré ou étudié une technologie extraterrestre, et attribue une partie des rumeurs à des programmes classifiés mal interprétés. Les partisans de l’hypothèse d’une dissimulation contestent ces conclusions.

Et ailleurs dans le monde ?

Au Japon, le ministère de la Défense a établi en 2020 des consignes pour que les pilotes signalent les objets non identifiés. En Chine, l’aéroport de Hangzhou-Xiaoshan a été fermé environ une heure en juillet 2010 après la détection d’un objet non identifié, un épisode très médiatisé à l’époque. En France, le GEIPAN reste le service de référence, et le débat ouvert en 1999 par le rapport COMETA continue d’alimenter les discussions.

Ce qu’il faut retenir

Les révélations récentes ont démontré une chose : des militaires expérimentés observent des phénomènes qu’ils ne parviennent pas à identifier, et les autorités ont longtemps sous-estimé le sujet. Elles n’ont pas démontré l’existence d’engins extraterrestres. Pour suivre l’actualité du sujet, consultez notre rubrique Actualités OVNI / PAN.

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