Une douzaine, parfois plus de cinquante points lumineux parfaitement alignés, qui avancent en silence à la même vitesse, comme un collier de perles : depuis 2019, ce spectacle est devenu la première cause de signalements « OVNI » en France et dans le monde. Il s’agit des satellites Starlink, la constellation de l’entreprise américaine SpaceX destinée à fournir un accès à Internet par satellite.
Pourquoi les satellites Starlink forment-ils un train ?
SpaceX lance ses satellites par grappes de plusieurs dizaines à bord d’une même fusée Falcon 9. Une fois libérés, ils se trouvent sur une orbite basse, à quelques centaines de kilomètres d’altitude, et se suivent de très près. Pendant les jours ou les semaines qui suivent le lancement, ils remontent progressivement vers leur orbite définitive tout en s’écartant les uns des autres. C’est pendant cette phase qu’ils forment le fameux « train de lumières », très brillant parce qu’encore bas et orienté de manière à bien réfléchir le Soleil. Cette orbite basse les rend fragiles : en février 2022, une tempête géomagnétique a fait retomber une quarantaine de satellites Starlink tout juste lancés.
Une fois en place, les satellites se dispersent et deviennent beaucoup plus discrets : on les voit alors isolés, comme n’importe quel autre satellite. La constellation compte aujourd’hui plusieurs milliers d’engins.
Quand peut-on les voir ?
Un satellite n’émet aucune lumière : il est visible uniquement lorsqu’il est encore éclairé par le Soleil alors que l’observateur, au sol, est déjà dans la nuit. Les passages visibles ont donc lieu :
- dans les une à deux heures après le coucher du Soleil ;
- ou dans les une à deux heures avant son lever.
En plein milieu de la nuit, ils sont généralement invisibles, car dans l’ombre de la Terre, sauf autour du solstice d’été, où le Soleil n’est jamais très bas sous l’horizon aux latitudes françaises. C’est aussi pourquoi un train Starlink peut disparaître progressivement, point après point, en plein ciel : chaque satellite entre à son tour dans l’ombre de la Terre.
Comment reconnaître un train Starlink ?
- des points blancs, sans clignotement, régulièrement espacés et parfaitement alignés ;
- une vitesse constante, identique pour tous : la traversée du ciel prend quelques minutes ;
- aucun bruit ;
- une trajectoire rectiligne, souvent de l’ouest vers l’est ou du sud-ouest vers le nord-est ;
- une apparition peu après le crépuscule, quelques jours après un lancement.
Des lumières qui clignotent, changent de direction ou restent immobiles ne sont pas des Starlink : consultez alors notre guide pour identifier une lumière dans le ciel. Pour suivre un train en détail, une bonne paire de jumelles astronomiques suffit.
Prévoir un passage de Starlink ce soir
Plusieurs outils gratuits calculent les passages visibles depuis votre commune : le site Find Starlink, Heavens-Above ou des applications comme Satellite Tracker. Indiquez votre position : l’outil affiche l’heure, la direction d’apparition et la luminosité prévue. Les passages les plus spectaculaires ont lieu dans la semaine qui suit un lancement. Les mêmes outils annoncent les passages de la station spatiale ISS, encore plus brillante.
Pourquoi les astronomes s’en inquiètent
La multiplication des constellations de satellites (Starlink, OneWeb, Kuiper d’Amazon, projets chinois) inquiète la communauté astronomique : les traînées lumineuses gâchent des images de télescopes, et les satellites émettent des ondes radio qui gênent la radioastronomie. SpaceX a testé des revêtements et des pare-soleil pour réduire la brillance de ses satellites, mais le problème reste débattu à l’échelle internationale. Sous un ciel noir de campagne, leurs traînées barrent aussi les photos de la Voie lactée prises par les amateurs.
Starlink et OVNI : un cas d’école
Dans la base OVNI France comme dans celle du GEIPAN, les trains Starlink ont provoqué des vagues de signalements dès 2019 : « une file de lumières dans le ciel », « un chapelet d’étoiles qui avance », « des dizaines de points alignés ». Ils rappellent qu’un phénomène spectaculaire et nouveau n’est pas pour autant inexpliqué. Si ce que vous avez vu ne correspond pas à cette description, décrivez-nous votre observation. D’autres phénomènes lumineux du ciel expliqués sont à lire sur le site.
Laurent N. est le fondateur et rédacteur d’OVNI France, qu’il a relancé en 2026. Astronome amateur, il observe le ciel à l’œil nu, aux jumelles et à la lunette, et suit depuis longtemps l’histoire de l’ufologie. Sa méthode : séparer le récit du témoin de l’analyse, confronter chaque observation aux explications connues (satellites, avions, astres, phénomènes atmosphériques) et s’appuyer sur les sources publiques – GEIPAN, AARO, NASA, archives nationales. Ni moquerie, ni crédulité.

