Image à la une : Photo : NASA, domaine public
Un point très brillant, parfaitement régulier, qui traverse le ciel en silence en trois ou quatre minutes, puis s’éteint d’un coup au milieu du ciel : c’est l’une des observations les plus fréquemment rapportées comme « OVNI », et c’est pourtant l’un des plus beaux spectacles accessibles à tous. La Station spatiale internationale, ou ISS, passe régulièrement au-dessus de la France. Voici comment savoir quand la regarder, comment la reconnaître à coup sûr et ce qu’il faut savoir de ce laboratoire habité depuis plus d’un quart de siècle.
L’ISS en quelques chiffres
- Altitude : environ 400 km, soit à peu près la distance Paris-Nantes, mais à la verticale.
- Vitesse : environ 28 000 km/h. Elle fait le tour de la Terre en 90 à 93 minutes, soit près de 16 tours par jour.
- Taille : 109 m d’un bout à l’autre, à peu près la longueur d’un terrain de football, avec d’immenses panneaux solaires.
- Occupation : habitée en permanence depuis novembre 2000, en général par sept personnes.
- Partenaires : cinq agences spatiales (NASA, Roscosmos, ESA, JAXA pour le Japon et ASC pour le Canada).
Son orbite est inclinée de 51,6° sur l’équateur. En pratique, elle survole toutes les régions situées entre ces latitudes nord et sud, et elle est visible depuis l’ensemble de la France métropolitaine.
Pourquoi on ne la voit qu’à l’aube et au crépuscule
L’ISS n’a pas de lumière propre suffisante pour être vue de si loin : comme la Lune ou une planète, elle brille parce qu’elle reflète la lumière du Soleil. Pour la voir, il faut donc deux conditions à la fois : que l’observateur soit dans la nuit, et que la station, 400 km plus haut, soit encore éclairée par le Soleil. Cela n’arrive que pendant l’heure ou les deux heures qui suivent le coucher du Soleil, ou qui précèdent son lever.
La NASA le rappelle : l’ISS n’est pas assez lumineuse pour être vue en plein jour. Selon la saison et l’orbite, les occasions vont d’une par mois à plusieurs par semaine. Autour du solstice de juin, quand le Soleil ne descend pas très loin sous l’horizon, on peut parfois la voir sur plusieurs passages successifs au cours de la même nuit.

Comment savoir quand l’ISS passe au-dessus de chez vous
Les passages se calculent quelques jours à l’avance, car l’orbite est régulièrement corrigée. Au-delà d’une semaine, les prévisions deviennent moins fiables.
- Spot the Station, le service officiel de la NASA (site et application), envoie une alerte pour votre ville.
- Heavens-Above, un site de référence utilisé par les astronomes amateurs, donne pour votre position l’heure, la direction d’apparition, la hauteur maximale et la luminosité de chaque passage.
- De nombreuses applications de planétarium affichent aussi la trajectoire de l’ISS en temps réel.
Retenez trois informations : l’heure de début, la direction d’où elle arrive (souvent l’ouest ou le sud-ouest) et la hauteur maximale. Un passage qui culmine à plus de 40° au-dessus de l’horizon sera très spectaculaire.
Comment la reconnaître à coup sûr
| Critère | ISS | Avion | Satellite ordinaire |
|---|---|---|---|
| Éclat | Très brillante, plus que toutes les étoiles, souvent proche de Vénus | Variable | Faible, comme une étoile moyenne |
| Feux clignotants | Aucun, lumière blanche fixe | Oui : blanc, rouge, vert | Aucun |
| Bruit | Aucun | Souvent audible | Aucun |
| Trajectoire | Droite, régulière, en 3 à 6 minutes | Droite ou virages, lente | Droite, souvent plus lente |
| Fin du passage | Peut s’éteindre au milieu du ciel | Disparaît à l’horizon | Peut aussi s’éteindre |
La disparition soudaine est le détail qui surprend le plus. L’ISS entre simplement dans l’ombre de la Terre : elle n’est plus éclairée par le Soleil. Juste avant, elle rougit souvent légèrement et faiblit en quelques secondes, comme un coucher de Soleil vu depuis l’orbite.
L’ISS et les OVNI
La station fait partie des explications classiques des témoignages de lumières dans le ciel, au même titre que Vénus, les satellites ou les lanternes. Les récits se ressemblent souvent : « une étoile qui bouge vite, sans bruit, puis qui disparaît brusquement ». Plusieurs éléments renforcent l’effet :
- l’absence de repère : sans point de comparaison, on n’a aucune idée de la distance ni de la taille réelle ;
- la vitesse apparente, rapide mais régulière, qui ne ressemble ni à un avion ni à une étoile filante ;
- la disparition en plein ciel, qui semble défier toute explication si l’on ne connaît pas le rôle de l’ombre terrestre.
Le réflexe à avoir est simple : noter l’heure exacte et la direction, puis vérifier sur Heavens-Above si un passage de l’ISS ou d’un autre satellite brillant correspondait. Notre méthode complète est détaillée dans le guide qu’ai-je vu dans le ciel ?. Un objet beaucoup plus rapide, qui laisse une traînée et se fragmente, est plus probablement une boule de feu, c’est-à-dire un bolide. Une file de points identiques qui se suivent correspond sans doute à un train de satellites Starlink.
Le GEIPAN, le service du CNES qui enquête sur les PAN, identifie chaque année des signalements de ce type grâce à ces calculs d’orbite.
Les autres stations visibles depuis la France
La station chinoise Tiangong est aussi visible depuis la France, mais son orbite, inclinée d’environ 41,5°, la fait passer plus bas sur l’horizon sud, surtout pour les observateurs du nord du pays. Elle est moins lumineuse que l’ISS. Les mêmes sites de prévision indiquent ses passages.
Photographier l’ISS
- Filé : sur un trépied, une pose de 20 à 30 secondes transforme le passage en une longue traînée lumineuse. On peut enchaîner plusieurs poses et les assembler.
- Transit devant la Lune ou le Soleil : la silhouette de la station passe devant le disque en moins d’une seconde. Ces images demandent un calcul précis du lieu d’observation et, pour le Soleil, un filtre solaire homologué indispensable.
- Aux jumelles : on ne distingue pas la forme de la station, mais son éclat devient saisissant. Notre guide explique comment bien choisir ses jumelles pour le ciel.

Des Français à bord
Plusieurs astronautes français ont vécu à bord : Claudie Haigneré en 2001, Léopold Eyharts en 2008, puis Thomas Pesquet lors des missions Proxima (2016-2017) et Alpha (2021). Sophie Adenot, astronaute de l’ESA, partie le 13 février 2026 pour la mission εpsilon, est revenue sur Terre le 8 octobre 2026 après 237 jours dans l’espace : c’est le plus long vol spatial jamais effectué par un astronaute européen, selon l’ESA.
La fin programmée de l’ISS
L’ISS ne sera pas éternelle. La NASA prévoit la fin de son exploitation vers 2030 et a confié à SpaceX la construction d’un véhicule chargé de la faire rentrer de façon contrôlée dans l’atmosphère, au-dessus d’une zone isolée de l’océan. Des stations privées doivent prendre le relais. D’ici là, il reste quelques années pour lever les yeux au bon moment.
Questions fréquentes
Peut-on voir l’ISS à l’œil nu ?
Oui, facilement, même depuis une grande ville. C’est souvent l’objet le plus brillant du ciel après la Lune et Vénus lors de ses bons passages.
Pourquoi l’ISS ne passe-t-elle pas toutes les nuits ?
Son orbite se décale d’environ 23° de longitude vers l’ouest à chaque tour. Les passages visibles se regroupent donc en séries de quelques jours, séparées de périodes où elle passe en plein jour ou dans l’ombre.
Peut-on la voir avec un télescope ?
Oui, mais le suivi à la main est très difficile tant elle se déplace vite. Certains astronomes amateurs équipés de montures motorisées obtiennent des images où l’on distingue les panneaux solaires.
Sources
- NASA, International Space Station Facts and Figures.
- NASA, Spot the Station, foire aux questions (2025).
- NASA Earth Observatory, tutoriel sur l’orbite de l’ISS (inclinaison, décalage des traces au sol).
- ESA et CNES, mission εpsilon de Sophie Adenot (2026).
- NASA, plan de fin d’exploitation et de désorbitation de l’ISS.
- Image d’en-tête : l’ISS photographiée depuis la navette Endeavour (mission STS-134), en mai 2011. Photo : NASA, domaine public.
Laurent N. est le fondateur et rédacteur d’OVNI France, qu’il a relancé en 2026. Astronome amateur, il observe le ciel à l’œil nu, aux jumelles et à la lunette, et suit depuis longtemps l’histoire de l’ufologie. Sa méthode : séparer le récit du témoin de l’analyse, confronter chaque observation aux explications connues (satellites, avions, astres, phénomènes atmosphériques) et s’appuyer sur les sources publiques – GEIPAN, AARO, NASA, archives nationales. Ni moquerie, ni crédulité.

