Roswell 1947 : l’affaire de la soucoupe écrasée, du ballon Mogul au mythe

En juillet 1947, un communiqué de l’armée américaine annonce la récupération d’un « disque volant » près de Roswell, au Nouveau-Mexique. Démenti dès le lendemain, l’épisode tombe dans l’oubli pendant trente ans, avant de devenir l’affaire OVNI la plus célèbre de l’histoire. Voici comment un ballon d’espionnage est devenu le symbole mondial des extraterrestres.

Les faits de juillet 1947

À la mi-juin 1947, William « Mac » Brazel, régisseur d’un ranch situé près de Corona, à une centaine de kilomètres de Roswell, découvre des débris éparpillés : feuilles de papier aluminium, baguettes de balsa, ruban adhésif, caoutchouc. Quelques semaines plus tard, il en informe le shérif, qui prévient la base aérienne de Roswell. Le major Jesse Marcel, officier de renseignement, se rend sur place et rapporte les débris.

Le 8 juillet 1947, le service de presse de la base diffuse un communiqué annonçant que l’armée a récupéré un « flying disc ». Nous sommes deux semaines après l’observation du pilote Kenneth Arnold, qui a lancé la vague des « soucoupes volantes ». L’information fait le tour du pays. Dès le lendemain, le général Roger Ramey, à Fort Worth, présente les débris à la presse et annonce qu’il s’agit d’un ballon météorologique muni d’un réflecteur radar.

1978 : l’affaire ressurgit

En 1978, le physicien et ufologue Stanton Friedman interroge Jesse Marcel, alors retraité, qui affirme que les débris n’étaient pas ceux d’un ballon ordinaire. Livres et documentaires se succèdent. De nouveaux témoins apparaissent, décrivant des débris aux propriétés étranges, un second site d’écrasement, et même des corps d’êtres de petite taille récupérés par l’armée. Le récit se complexifie au fil des années et des auteurs.

Les rapports de l’US Air Force

Sous la pression d’un membre du Congrès, l’US Air Force publie deux rapports dans les années 1990 :

  • 1994-1995 : les débris proviendraient d’un ballon du projet Mogul, un programme secret destiné à détecter à distance les essais nucléaires soviétiques grâce à des microphones portés par de longs trains de ballons. Le secret du programme expliquerait l’embarras de l’armée et le démenti hâtif.
  • 1997 : un second rapport, intitulé The Roswell Report: Case Closed, propose que les récits de « corps » soient liés à des souvenirs confondus avec des largages de mannequins anthropomorphes testés dans les années 1950, et avec un accident d’avion militaire ayant fait des victimes.

Les partisans de la thèse extraterrestre jugent ces explications tardives et contradictoires, notamment parce que les largages de mannequins sont postérieurs de plusieurs années à 1947.

La fausse autopsie de 1995

En 1995, un producteur britannique, Ray Santilli, diffuse un film en noir et blanc présenté comme l’autopsie d’un extraterrestre de Roswell. Diffusé dans des dizaines de pays, il fait sensation. En 2006, Santilli reconnaît qu’il s’agit d’une « reconstitution » tournée dans un appartement londonien, affirmant avoir voulu recréer des images qu’il aurait vues auparavant.

Roswell aujourd’hui

La petite ville de Roswell a fait de l’affaire une attraction : musée international de l’OVNI, festival annuel début juillet, lampadaires en forme de têtes d’extraterrestres. Pour les historiens, Roswell est surtout un exemple de construction d’un mythe moderne, nourri par la Guerre froide, le secret militaire et le goût du public pour l’extraordinaire. Pour aller plus loin, voir notre dossier sur la zone 51, où les débris auraient été transférés selon la légende, et sur la déclassification des dossiers OVNI.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut
OVNI France
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.