Image à la une : Source : US Air Force, domaine public.
Vous voulez lire les dossiers OVNI tels que les gouvernements les ont rédigés, sans intermédiaire ? Depuis 2007, plusieurs pays ont ouvert leurs archives OVNI au public. Voici où les trouver, ce qu’elles contiennent, et comment les exploiter sans se perdre.
France : la base du GEIPAN
La France a été pionnière : en mars 2007, le CNES a mis en ligne les archives de son service d’étude des phénomènes aérospatiaux non identifiés, au point de saturer ses serveurs. La base compte aujourd’hui plus de 3 300 cas d’observation enquêtés et publiés, avec des milliers de documents, de photos, de croquis, de procès-verbaux de gendarmerie et de vidéos, tous anonymisés. Chaque fiche indique la classification du cas, de A à D, expliquée dans notre article sur le rôle et les statistiques du GEIPAN. On y trouve des dossiers célèbres comme l’atterrissage de Trans-en-Provence.
États-Unis : Blue Book, FBI et Pentagone
- Archives nationales (NARA) : les dossiers du fonds Project Blue Book (1952-1969), environ 130 000 pages, ainsi qu’une collection dédiée aux UAP créée par le Congrès en 2023.
- FBI Vault : la salle de lecture en ligne du FBI, avec les dossiers sur les « disques volants », dont le mémo Hottel de 1950.
- AARO : les rapports annuels et historiques du bureau UAP du Pentagone, et des analyses de cas.
- war.gov/UFO : le portail ouvert en mai 2026 dans le cadre du programme PURSUE, détaillé dans notre article sur les dossiers publiés sous Donald Trump.
Royaume-Uni : les dossiers du ministère de la Défense
Le ministère de la Défense a tenu un bureau des OVNI de 1952 à 2009. Jusqu’en 1967, ses dossiers étaient détruits tous les cinq ans. Entre 2008 et 2013, il a versé des milliers de pages aux Archives nationales de Kew, consultables en ligne. Le bureau a fermé en 2009, faute d’avoir identifié la moindre menace en cinquante ans. Le dossier le plus célèbre reste l’incident de la forêt de Rendlesham.

Brésil : l’Arquivo Nacional
Depuis 2008, la force aérienne brésilienne verse ses dossiers aux Archives nationales, qui les publient en ligne. On y trouve notamment le rapport officiel sur la Nuit officielle des OVNI de 1986, et des milliers de pages d’enquêtes.
Les autres pays
- Belgique : l’armée a rendu publiques les données radar de la vague de triangles de 1989-1990.
- Canada : Bibliothèque et Archives Canada propose une collection numérisée de dossiers d’observation.
- Espagne : l’armée de l’air a déclassifié ses dossiers dans les années 1990, puis de nouveaux lots en 2016.
- Chili, Pérou, Uruguay : ces pays disposent d’organismes officiels, comme le CEFAA chilien, qui publient leurs études de cas.
Comment chercher un cas dans la base du GEIPAN
- Rendez-vous sur le site du GEIPAN, rubrique de recherche des cas.
- Filtrez par département, par année ou par classe (A, B, C ou D). Les cas de classe D, non identifiés après enquête, ne représentent qu’environ 3 % du total.
- Ouvrez la fiche : vous y trouverez un résumé, la classification et, souvent, un compte rendu d’enquête au format PDF.
- Comparez avec les observations proches dans le temps et dans l’espace : plusieurs témoins d’un même soir décrivent souvent le même phénomène, par exemple une rentrée atmosphérique ou un lancement de satellites.
Le mémo Hottel, document le plus consulté du FBI
Daté du 22 mars 1950, ce mémo d’une page, signé de Guy Hottel, responsable du bureau du FBI à Washington, rapporte les propos d’un tiers évoquant trois « soucoupes » récupérées au Nouveau-Mexique, avec à bord des corps de petite taille. Le FBI précise lui-même que le document ne fait que relayer une information de seconde main, qui n’a donné lieu à aucune enquête. Les historiens le rattachent le plus souvent aux canulars qui circulaient à l’époque, dans le sillage du crash supposé de 1947 au Nouveau-Mexique.
Ce que les archives ne contiennent pas
Aucune de ces collections ne renferme de preuve d’une visite extraterrestre. Elles contiennent surtout des témoignages, des rapports d’enquête et des échanges administratifs, avec des passages parfois caviardés pour protéger des noms ou des informations militaires. Une mention « non identifié » signifie le plus souvent que les données étaient insuffisantes pour conclure. Lire ces archives, c’est aussi comprendre comment est né le mythe de la soucoupe volante au fil des décennies.
Nos conseils pour exploiter ces archives
- Commencez par les synthèses officielles avant de plonger dans les pièces brutes.
- Distinguez toujours le témoignage, l’analyse et la conclusion de l’enquêteur.
- Méfiez-vous des documents sortis de leur contexte : un cas « non identifié » n’est pas un cas extraterrestre.
- Recoupez avec d’autres sources, notamment la presse de l’époque.
Pour une vue d’ensemble, lisez notre dossier sur la déclassification des OVNI dans le monde, puis comparez avec les témoignages publiés sur OVNI France.
Laurent N. est le fondateur et rédacteur d’OVNI France, qu’il a relancé en 2026. Astronome amateur, il observe le ciel à l’œil nu, aux jumelles et à la lunette, et suit depuis longtemps l’histoire de l’ufologie. Sa méthode : séparer le récit du témoin de l’analyse, confronter chaque observation aux explications connues (satellites, avions, astres, phénomènes atmosphériques) et s’appuyer sur les sources publiques – GEIPAN, AARO, NASA, archives nationales. Ni moquerie, ni crédulité.

