Image à la une : Illustration : cette image ne représente pas l’observation d’origine.
Le 8 janvier 1981, un habitant de Trans-en-Provence, dans le Var, affirme avoir vu un engin se poser quelques secondes sur une terrasse de son jardin, puis repartir. L’affaire aurait pu rester anecdotique. Mais les prélèvements réalisés par la gendarmerie et les analyses menées par plusieurs laboratoires en ont fait le dossier OVNI le plus instrumenté de France, et l’un des plus discutés au monde.
Ce qu’a vu le témoin
Vers 17 heures, Renato Nicolaï travaille dans son jardin en terrasses lorsqu’il entend un léger sifflement. Il se retourne et aperçoit un objet gris, de la couleur du plomb ou du zinc, en forme de deux assiettes posées l’une sur l’autre. L’engin, d’environ 2,5 mètres de diamètre et de 1,5 mètre de haut, se pose sur une terrasse en contrebas, reste immobile quelques dizaines de secondes, puis s’élève et s’éloigne au-dessus des arbres. Sur le sol, il remarque une trace circulaire.
Une enquête menée dès le lendemain
Le 9 janvier, les gendarmes de Draguignan se rendent sur place. Ils photographient la trace, une couronne d’environ deux mètres de diamètre, et prélèvent de la terre et des plants de luzerne. Le GEPAN, ancêtre du GEIPAN, se rend à son tour sur les lieux en février et confie les échantillons à plusieurs laboratoires, dont l’Institut national de la recherche agronomique (INRA).
Les résultats des analyses
- Un tassement mécanique du sol, compatible avec la pression d’un objet lourd.
- Un échauffement modéré, estimé entre 300 et 600 °C, et des résidus noirâtres évoquant une combustion.
- Des dépôts de fer et d’oxyde de fer, avec des traces de phosphates et de zinc.
- Des altérations biochimiques des plants de luzerne, notamment une baisse de la chlorophylle, d’autant plus marquée que les plants étaient proches du centre de la trace.
Le GEPAN publie ses conclusions en 1983 dans une note technique : il constate la présence d’un événement physique important, qu’il ne parvient pas à expliquer. Le cas est aujourd’hui classé D, c’est-à-dire non identifié après enquête, et sa fiche est consultable sur le site du GEIPAN.
Une affaire contestée
Les sceptiques, notamment les membres du Cercle zététique, ont critiqué la chaîne de prélèvement, le délai entre l’observation et le passage du GEPAN et l’absence de réplication indépendante des analyses biologiques. Ils ont proposé des explications prosaïques, comme la trace laissée par un véhicule de chantier. Les défenseurs du dossier répondent que ces hypothèses rendent mal compte de l’ensemble des mesures. Plus de quarante ans après, le débat n’est pas clos.
La note technique n° 16 du GEPAN
Les résultats de l’enquête sont réunis en 1983 dans la note technique n° 16 du GEPAN, consacrée à l’analyse de la trace. L’enquête est coordonnée par Jean-Jacques Velasco, et les analyses biochimiques des plants de luzerne sont confiées à Michel Bounias, biochimiste de l’INRA. Ce document reste la principale source sur le dossier : il décrit les prélèvements, les méthodes employées et les limites reconnues par les enquêteurs eux-mêmes.
Pourquoi l’affaire est exceptionnelle
Trois éléments distinguent Trans-en-Provence de la plupart des observations. Les gendarmes interviennent dès le lendemain, avant que la trace ne soit altérée. Plusieurs laboratoires travaillent sur les échantillons. Enfin, les effets sur la végétation diminuent avec la distance au centre de la trace, ce qui suggère une cause unique et localisée. Dans la plupart des dossiers, on ne dispose que d’un témoignage.
Ce qu’il faudrait pour trancher
Pour lever le doute, il faudrait des analyses reproduites par d’autres équipes, une chaîne de prélèvement irréprochable et, idéalement, d’autres témoins. Comme pour une météorite tombée en France, c’est la rapidité et la rigueur des prélèvements qui font la valeur scientifique d’un dossier. La même exigence vaut pour tout objet controversé, de la datation contestée du linceul de Turin aux crop circles. Si vous êtes témoin d’un phénomène, notre page pour signaler et documenter une observation rappelle les bons réflexes.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’affaire de Trans-en-Provence ?
Le 8 janvier 1981, Renato Nicolaï dit avoir vu un engin se poser quelques secondes dans son jardin du Var. La trace laissée au sol a été analysée par la gendarmerie, le GEPAN et plusieurs laboratoires.
Que disent les sceptiques ?
Ils font remarquer qu’il n’y avait qu’un seul témoin, et qu’un véhicule ou un engin de chantier aurait pu marquer le sol de la même façon. Les effets observés sur la luzerne restent toutefois sans explication établie.
Le cas est-il toujours non identifié ?
Oui. Le GEIPAN le classe toujours en D, c’est-à-dire non identifié après enquête, malgré les explications proposées par les sceptiques.
Un cas de référence
Trans-en-Provence est l’exemple type d’une rencontre rapprochée du deuxième type, avec des effets physiques mesurables sur l’environnement. Le cas figure en bonne place dans le rapport COMETA de 1999 et est souvent comparé à l’affaire de Valensole, où des traces au sol avaient aussi été relevées. Consultez aussi les observations OVNI dans le Var.
Laurent N. est le fondateur et rédacteur d’OVNI France, qu’il a relancé en 2026. Astronome amateur, il observe le ciel à l’œil nu, aux jumelles et à la lunette, et suit depuis longtemps l’histoire de l’ufologie. Sa méthode : séparer le récit du témoin de l’analyse, confronter chaque observation aux explications connues (satellites, avions, astres, phénomènes atmosphériques) et s’appuyer sur les sources publiques – GEIPAN, AARO, NASA, archives nationales. Ni moquerie, ni crédulité.

