Couverture du rapport historique de l’AARO sur les UAP, volume 1, 2024

AARO : le bureau OVNI du Pentagone, ses rapports et ses conclusions

L’AARO, pour All-domain Anomaly Resolution Office, est le bureau du département de la Défense américain chargé d’enquêter sur les phénomènes anormaux non identifiés, les UAP. C’est l’équivalent militaire, à l’échelle des États-Unis, de notre GEIPAN français. Ses rapports sont devenus la référence officielle, et une cible de critiques.

Un bureau créé en 2022

L’AARO naît en juillet 2022, après la révélation du programme AATIP et la publication des vidéos de l’US Navy. Il succède à une cellule éphémère créée l’année précédente. Son premier directeur, le physicien Sean Kirkpatrick, quitte ses fonctions fin 2023. Jon Kosloski lui succède en 2024. Le bureau reçoit les signalements des militaires, des agences fédérales et, depuis son site, d’anciens employés de programmes gouvernementaux.

Le rapport historique de mars 2024

Commandé par le Congrès, le premier volume du rapport historique de l’AARO couvre la période 1945-2023. Ses 63 pages passent en revue les programmes gouvernementaux et les affirmations de témoins se présentant comme des « initiés ». L’AARO conclut n’avoir trouvé aucune preuve vérifiable d’un programme de récupération d’engins extraterrestres, ni d’une dissimulation au Congrès. Il attribue une partie des rumeurs à des programmes classifiés mal compris. Les partisans de la divulgation, dont le lanceur d’alerte David Grusch, contestent vivement ces conclusions. Un deuxième volume a été annoncé.

Le rapport annuel 2024 : les chiffres clés

  • 757 signalements reçus entre mai 2023 et juin 2024, pour un total de plus de 1 600 depuis la création du bureau.
  • La majorité des cas résolus s’expliquent par des ballons, des oiseaux, des drones, des satellites ou des avions.
  • 21 cas jugés dignes d’une analyse approfondie par la communauté du renseignement.
  • Moins de 3,5 % des cas présentent encore des caractéristiques anormales après une première analyse.
  • Aucune donnée n’indique une origine extraterrestre.

Ces proportions sont très proches de celles observées en France, où les statistiques du GEIPAN font état d’environ 3 % de cas inexpliqués après enquête.

Le rapport de la NASA (septembre 2023)

En parallèle, la NASA a réuni une équipe d’étude indépendante, présidée par l’astrophysicien David Spergel. Son rapport de 36 pages, publié le 14 septembre 2023, ne trouve aucune raison de conclure à une origine extraterrestre, sans pouvoir l’exclure. Il pointe surtout le manque de données de qualité, recommande l’usage de l’intelligence artificielle et d’applications de signalement pour smartphone, et a conduit à la nomination d’un directeur de la recherche sur les UAP à la NASA.

Couverture du rapport de l’équipe d’étude indépendante de la NASA sur les UAP, septembre 2023
Couverture du rapport de l’équipe d’étude indépendante de la NASA sur les UAP, 14 septembre 2023. Source : NASA, domaine public.

Critiques et perspectives

Les sceptiques saluent une démarche méthodique ; les défenseurs de la thèse d’une dissimulation reprochent à l’AARO de juger ses propres tutelles. Depuis 2026, le bureau contribue aux publications de dossiers OVNI ordonnées par la Maison-Blanche. Pour replacer ces rapports dans leur contexte, lisez notre chronologie de la déclassification OVNI aux États-Unis et notre article sur l’enquête historique de l’Air Force, le projet Blue Book.

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