Image à la une : Photo : ZeusUpsistos, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Le lundi 29 juin 2026, les phénomènes aérospatiaux non identifiés sont entrés pour la première fois au Palais-Bourbon. Intitulé « La recherche sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés, au-delà des fantasmes », ce colloque à l’Assemblée nationale a réuni députés, scientifiques, militaires et représentants du GEIPAN. Un tournant pour un sujet longtemps tenu à distance par les institutions françaises.
Deux députés que tout oppose
Le colloque est organisé par Arnaud Saint-Martin, député La France insoumise de Seine-et-Marne et sociologue des sciences au CNRS, et Pierre Henriet, député Horizons de Vendée, mathématicien de formation et ancien président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST). Leur point commun : la volonté de traiter le sujet avec la méthode scientifique, loin des théories du complot.
Qui est intervenu ?
- Le GEIPAN, avec son directeur Frédéric Courtade, qui a rappelé que le service du CNES informe le public mais « ne fait pas d’ufologie », et renvoie la recherche aux universités.
- Des experts et enquêteurs, comme Gilles Munsch, qui a souligné les limites des témoignages humains comme des enregistrements techniques.
- Des militaires, ingénieurs et pilotes, ainsi que la commission Sigma2 de l’Association aéronautique et astronautique de France (3AF).
- Des chercheurs en sciences sociales, dont l’anthropologue Pierre Lagrange.
Pourquoi maintenant ?
Le calendrier n’a rien d’un hasard. Le colloque intervient un mois et demi après les premières publications de dossiers OVNI par le Pentagone, voulues par Donald Trump. Les organisateurs ont voulu proposer une approche française, fondée sur l’expertise du CNES, face à une actualité dominée par les États-Unis, ses auditions au Congrès et son office de résolution des anomalies (AARO).
Les chiffres rappelés
Les intervenants ont rappelé qu’environ 3 % des cas étudiés par le GEIPAN restent inexpliqués après enquête. Le service traite chaque année de quelques dizaines à environ 200 dossiers. Notre article sur le fonctionnement du GEIPAN et sa classification A, B, C, D détaille ces chiffres.

Le GEIPAN, un service unique en Europe
Si le colloque a été organisé à Paris, c’est aussi parce que la France dispose d’une expérience rare. Créé en 1977 au sein du CNES sous le nom de GEPAN, devenu SEPRA en 1988 puis GEIPAN en 2005, le service est l’un des seuls organismes publics au monde à enquêter en continu sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés et à publier ses dossiers. Les intervenants ont insisté sur cette antériorité : près de cinquante ans d’archives, quand le bureau américain n’existe que depuis 2022. Notre article sur la différence entre UAP, PAN et OVNI revient sur ces sigles qui désignent, au fond, la même question.
Ce que le colloque n’a pas dit
Aucun intervenant n’a présenté de preuve d’une présence extraterrestre, et ce n’était pas l’objet. Le sous-titre de la journée, « au-delà des fantasmes », annonçait un débat de méthode : comment recueillir des données exploitables, comment encourager les signalements, en particulier ceux des pilotes qui hésitent encore à déclarer ce qu’ils voient, et quelle place donner à la recherche universitaire. Les échanges ont aussi rappelé qu’une grande partie des cas s’expliquent par des satellites, des ballons ou des satellites Starlink qui défilent en file indienne mal identifiés.
La France face aux auditions américaines
La comparaison avec les États-Unis s’impose, mais les deux exercices n’ont pas la même nature. À Washington, les commissions du Congrès entendent des témoins sous serment et peuvent exiger des documents. Un colloque à l’Assemblée nationale n’a, lui, aucun pouvoir d’enquête : c’est un lieu de discussion ouvert par des députés. Pour aller plus loin, il faudrait par exemple une commission d’enquête parlementaire, créée par le vote d’une résolution. Personne n’a annoncé une telle démarche à ce stade.
Questions fréquentes
Quand a eu lieu le colloque OVNI à l’Assemblée nationale ?
Le lundi 29 juin 2026, au Palais-Bourbon, à l’initiative des députés Arnaud Saint-Martin (La France insoumise) et Pierre Henriet (Horizons).
Le GEIPAN a-t-il fait des révélations ?
Non. Le GEIPAN a présenté sa méthode et ses statistiques. Il a rappelé qu’environ 3 % des cas restent inexpliqués après enquête, ce qui ne signifie pas qu’ils soient d’origine extraterrestre.
Le colloque peut-il déboucher sur une loi ?
Pas directement. Il peut en revanche inspirer des questions écrites au gouvernement, un rapport parlementaire ou des propositions sur la collecte des données.
Et après ?
Le colloque n’a pas de portée législative, mais il installe le sujet dans le débat public. Plusieurs intervenants ont plaidé pour des standards internationaux de collecte de données et pour un véritable programme de recherche universitaire. En France comme aux États-Unis, la tendance est à la transparence, dans le prolongement de la vague de déclassification OVNI engagée depuis 2017. Vous avez observé un phénomène inexpliqué ? Signalez votre observation sur OVNI France.
Photo d’en-tête : façade du Palais-Bourbon, ZeusUpsistos, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons. Pour suivre la suite, consultez notre rubrique actualité OVNI et PAN.
Laurent N. est le fondateur et rédacteur d’OVNI France, qu’il a relancé en 2026. Astronome amateur, il observe le ciel à l’œil nu, aux jumelles et à la lunette, et suit depuis longtemps l’histoire de l’ufologie. Sa méthode : séparer le récit du témoin de l’analyse, confronter chaque observation aux explications connues (satellites, avions, astres, phénomènes atmosphériques) et s’appuyer sur les sources publiques – GEIPAN, AARO, NASA, archives nationales. Ni moquerie, ni crédulité.

