Image à la une : Photo : Jim Vajda, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons
Chaque mois d’octobre, la Terre traverse les poussières laissées par la comète de Halley. Ces grains, gros comme du sable, s’embrasent à plus de 60 km/s dans la haute atmosphère : ce sont les Orionides, l’un des essaims d’étoiles filantes les plus rapides de l’année. En 2026, le maximum tombe dans la nuit du 21 au 22 octobre, avec une Lune gênante en début de nuit mais une vraie fenêtre sombre avant l’aube.
Les Orionides 2026 en bref
| Donnée | Valeur |
|---|---|
| Période d’activité | du 2 octobre au 7 novembre 2026 |
| Maximum | nuit du 21 au 22 octobre 2026 |
| Taux horaire zénithal (THZ) | environ 20 météores par heure |
| Vitesse d’entrée | 66 km/s (très rapide) |
| Corps parent | comète 1P/Halley |
| Radiant | entre Orion et les Gémeaux, au nord-est de Bételgeuse |
| Lune au maximum | gibbeuse, éclairée à environ 80 %, couchée vers 3 h 40 |
Sources : calendrier 2026 de l’International Meteor Organization (IMO) ; horaires de la Lune et du radiant calculés pour Paris à partir des éphémérides du JPL. Ils varient de quelques minutes selon votre région.
À quelle heure regarder depuis la France ?
Le radiant, le point du ciel d’où semblent jaillir les météores, se lève vers 22 h 50 (heure de Paris) le 21 octobre. Tant qu’il reste bas sur l’horizon, on ne voit que quelques traînées. Le problème, cette année, c’est la Lune : trois jours après le premier quartier, elle éclaire le ciel jusqu’à son coucher, vers 3 h 40.
La meilleure fenêtre s’étend donc de 3 h 45 à 6 h 30 environ, dans la nuit du 21 au 22 octobre. Le radiant est alors haut au sud-est, le ciel est noir et l’aube astronomique n’a pas commencé. Les nuits des 20-21 et 22-23 octobre donnent des taux à peine plus faibles : si la météo vous prive du maximum, ne renoncez pas.
Attention au changement d’heure : la France repasse à l’heure d’hiver dans la nuit du 24 au 25 octobre 2026. Les horaires ci-dessus sont en heure d’été, valable jusqu’à cette date.
Combien d’étoiles filantes espérer ?
Le THZ de 20 est un chiffre théorique : il suppose un radiant au zénith et un ciel parfaitement noir. Avec un radiant à mi-hauteur et un ciel de campagne correct, comptez plutôt 8 à 12 météores par heure au meilleur moment, et moitié moins depuis une banlieue. Entre 2006 et 2009, l’essaim avait surpris les observateurs avec des taux deux à trois fois supérieurs à la normale, mais les dernières années ont été plus modestes.
La rapidité des Orionides a une conséquence visible : beaucoup de traînées sont fines et brèves, mais une partie des météores laissent une trace persistante, un sillage de gaz ionisé qui reste lumineux une ou deux secondes, parfois davantage. C’est l’une des signatures de l’essaim.
Où regarder et comment s’installer ?
- Inutile de fixer le radiant : les météores apparaissent dans tout le ciel. Regardez à 40 ou 50° du radiant, là où le ciel est le plus sombre, en gardant Orion dans le coin de l’œil.
- Fuyez l’éclairage : dix kilomètres de campagne font plus qu’un télescope. Aucun instrument n’est nécessaire, l’œil nu est l’outil idéal.
- Laissez vos yeux s’adapter vingt minutes, sans écran de téléphone, ou avec une lampe rouge.
- Allongez-vous sur un transat ou un tapis de sol, bien couvert : fin octobre, les nuits descendent vite sous les 5 °C.
- Tournez le dos à la Lune si vous observez avant 3 h 40.
Pour la photo, un boîtier sur trépied, un grand-angle ouvert à f/2,8 ou plus, 10 à 20 secondes de pose entre 1 600 et 3 200 ISO, et un déclenchement en rafale toute la nuit. Les images composites comme celle ci-dessus sont assemblées après coup.
La comète de Halley, mère des Orionides
La comète de Halley boucle son orbite en 76 ans environ. À chaque passage près du Soleil, la glace de son noyau se sublime et libère des poussières qui se répartissent le long de son orbite. La Terre croise cette orbite deux fois par an : en mai, ce sont les Êta Aquarides, mal placées depuis la France, et en octobre, les Orionides. Les grains que nous voyons brûler ont souvent été éjectés il y a plusieurs siècles, voire des millénaires.

La comète elle-même reviendra en 2061. D’ici là, les Orionides sont notre rendez-vous annuel avec elle, et avec un peu de matière vieille de 4,6 milliards d’années. Toutes les comètes ne sont pas nées autour du Soleil : la comète 3I/ATLAS, venue d’un autre système, ne l’a croisé qu’une seule fois.
Une Orionide peut-elle passer pour un OVNI ?
Rarement. Une étoile filante ne dure qu’une fraction de seconde, ce qui laisse peu de temps pour l’interpréter autrement. Les cas qui arrivent dans les dossiers du GEIPAN concernent plutôt les bolides, des météores beaucoup plus brillants qui durent plusieurs secondes, se fragmentent et prennent des couleurs vertes ou orangées. Les Taurides, un autre essaim actif au même moment, sont réputées pour en produire.
Autre piège fréquent pendant ces nuits : les satellites. Une lumière qui glisse lentement, sans traînée, pendant plusieurs dizaines de secondes n’est pas une étoile filante, mais très souvent un satellite éclairé par le Soleil, voire un train de satellites Starlink juste après leur lancement. Si vous avez vu quelque chose d’inhabituel, notre guide pour identifier une lumière dans le ciel passe en revue les explications les plus courantes.
Questions fréquentes
Faut-il des jumelles pour voir les Orionides ?
Non, elles réduisent le champ et font manquer la plupart des météores. Gardez-les pour le reste du ciel : Orion et sa nébuleuse sont superbes à cette période. Si vous voulez vous équiper, voyez notre article pour choisir des jumelles adaptées au ciel.
Peut-on voir les Orionides depuis une ville ?
Quelques-unes, les plus brillantes. Mais la pollution lumineuse divise facilement le nombre par trois ou quatre. Un parc sombre ou un point en hauteur, à l’abri des lampadaires, aide déjà beaucoup.
Quelle est la prochaine pluie d’étoiles filantes ?
En novembre viennent les Léonides, puis en décembre les Géminides, l’essaim le plus riche de l’année, avec une Lune très favorable en 2026.
Sources
- International Meteor Organization, Meteor Shower Calendar 2026 (J. Rendtel).
- Natural History Museum, fiche Orionides 2026.
- Éphémérides : calculs OVNI France à partir des éphémérides DE421 du JPL (NASA), pour Paris. Pour votre ville, consultez l’IMCCE.
- Image d’en-tête : composite de 19 images d’une nuit d’Orionides. Photo : Jim Vajda, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons.
Laurent N. est le fondateur et rédacteur d’OVNI France, qu’il a relancé en 2026. Astronome amateur, il observe le ciel à l’œil nu, aux jumelles et à la lunette, et suit depuis longtemps l’histoire de l’ufologie. Sa méthode : séparer le récit du témoin de l’analyse, confronter chaque observation aux explications connues (satellites, avions, astres, phénomènes atmosphériques) et s’appuyer sur les sources publiques – GEIPAN, AARO, NASA, archives nationales. Ni moquerie, ni crédulité.

