Image à la une : Photo : Drashokk, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Si vous ne deviez observer qu’une seule pluie d’étoiles filantes par an, ce serait celle-ci. Les Géminides sont l’essaim le plus riche du calendrier, plus encore que les Perséides d’août. En 2026, leur maximum tombe dans la nuit du 13 au 14 décembre, avec un simple croissant de Lune qui se couche en début de soirée. Ce sont les meilleures conditions depuis plusieurs années. Seul adversaire : le froid.
Les Géminides 2026 en bref
| Donnée | Valeur |
|---|---|
| Période d’activité | du 4 au 20 décembre 2026 |
| Maximum | nuit du 13 au 14 décembre 2026 |
| Taux horaire zénithal | environ 150 météores par heure |
| Vitesse d’entrée | 35 km/s (modérée) |
| Corps parent | astéroïde (3200) Phaéton |
| Radiant | près de Castor, dans les Gémeaux |
| Lune | mince croissant, couchée vers 21 h |
Sources : IMO, calendrier 2026 ; Natural History Museum ; horaires calculés pour Paris à partir des éphémérides du JPL.
À quelle heure les voir depuis la France ?
C’est le grand avantage des Géminides : leur radiant se lève dès 17 h 40 et reste visible toute la nuit. On peut donc commencer à observer dès 21 h, une fois la Lune couchée, sans attendre le petit matin. Le radiant passe au plus haut vers 2 h : c’est le moment où les taux sont les plus élevés. La nuit suivante, du 14 au 15 décembre, reste très bonne, et les nuits des 12-13 et 15-16 décembre valent aussi le déplacement.
Combien d’étoiles filantes voir vraiment ?
Le THZ de 150 suppose un ciel parfait et un radiant au zénith. Depuis un bon site de campagne français, comptez 40 à 80 météores par heure au meilleur de la nuit. C’est plus d’une par minute. Depuis une ville, il en restera une dizaine par heure, seulement les plus brillantes.
Les Géminides ont une allure particulière : à 35 km/s, elles sont plus lentes que les Perséides ou les Léonides. Leurs traînées sont longues, bien visibles, souvent jaunes ou blanches, et l’essaim produit volontiers des bolides.

Phaéton, l’astéroïde qui se prend pour une comète
Presque tous les essaims d’étoiles filantes naissent de comètes. Les Géminides font exception : leur corps parent, (3200) Phaéton, découvert en 1983 par le satellite infrarouge IRAS, est un astéroïde rocheux de 5 km environ. Il frôle le Soleil de très près, à 0,14 unité astronomique, soit moins de la moitié de la distance de Mercure. La chaleur y fracture sa surface et libère des débris. On parle parfois d’« astéroïde actif » ou de « comète de roche ». La mission japonaise DESTINY+ doit le survoler dans les prochaines années.
Ces particules sont plus denses que les poussières cométaires. C’est pourquoi elles pénètrent plus bas dans l’atmosphère et brillent plus longtemps.
Nos conseils pour une nuit de décembre
- Habillez-vous pour −5 °C, même si la météo annonce plus : on ne bouge pas, et le froid gagne vite. Bonnet, gants, deux paires de chaussettes, sac de couchage.
- Allongez-vous sur un transat ou un tapis isolant, tête vers le nord-est.
- Regardez haut, à mi-chemin entre l’horizon et le zénith, sans fixer le radiant.
- Gardez un thermos et observez par séances de 30 à 45 minutes.
- Surveillez la météo : en décembre, les éclaircies sont rares. Si le ciel se dégage un de ces soirs, sortez, même hors maximum.
Et si ce n’était pas une étoile filante ?
Pendant les longues nuits d’hiver, les méprises sont fréquentes. Une lumière blanche qui traverse le ciel en une ou deux minutes, sans clignoter, est un satellite. Une file de points lumineux alignés, un train Starlink. Une lumière qui clignote en rouge et vert, un avion. Et une grosse boule colorée qui se fragmente, un bolide : dans ce cas, voyez comment identifier et signaler une boule de feu.
Nombre de témoignages OVNI d’hiver trouvent ainsi leur explication. Les enquêteurs du GEIPAN classent la plupart des cas parmi les phénomènes identifiés ou probablement identifiés, et les astres et météores figurent parmi les causes les plus fréquentes. Notre méthode pour identifier une lumière nocturne résume les bons réflexes.
Questions fréquentes
Les Géminides sont-elles visibles dans toute la France ?
Oui, et même dans tout l’hémisphère nord. Plus on est au nord, plus le radiant monte haut, mais l’écart entre Lille et Marseille est faible. La météo compte bien plus que la latitude.
Quelle est la différence avec les Perséides ?
Les Perséides d’août sont plus connues, parce que les nuits sont chaudes et que beaucoup de gens sont en vacances. Mais les Géminides sont plus riches, visibles dès la soirée, et ne dépendent pas d’une comète. Elles profitent en plus des nuits les plus longues de l’année, à une semaine du solstice.
Et après les Géminides ?
Les Ursides, autour du 22 décembre, restent modestes. Le rendez-vous suivant est celui des Quadrantides, dans la nuit du 3 au 4 janvier 2027, avec une Lune favorable.
Sources
- International Meteor Organization, Meteor Shower Calendar 2026 (J. Rendtel).
- Natural History Museum, fiche Géminides 2026.
- NASA, fiche (3200) Phaethon ; JAXA, mission DESTINY+.
- Horaires : calculs OVNI France (éphémérides DE421, JPL), pour Paris.
- Image d’en-tête : une Géminide au-dessus d’une vieille église, près d’Araku (Inde). Photo : Drashokk, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Laurent N. est le fondateur et rédacteur d’OVNI France, qu’il a relancé en 2026. Astronome amateur, il observe le ciel à l’œil nu, aux jumelles et à la lunette, et suit depuis longtemps l’histoire de l’ufologie. Sa méthode : séparer le récit du témoin de l’analyse, confronter chaque observation aux explications connues (satellites, avions, astres, phénomènes atmosphériques) et s’appuyer sur les sources publiques – GEIPAN, AARO, NASA, archives nationales. Ni moquerie, ni crédulité.

