Image à la une : Photo : David Wipf, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons
Les Léonides sont un essaim discret la plupart des années, une quinzaine de météores par heure au mieux. Mais elles ont une histoire à part : ce sont elles qui ont offert les plus grandes tempêtes d’étoiles filantes jamais décrites, avec des milliers de traînées par heure en 1833, 1966 ou 1999. En 2026, le maximum tombe dans la nuit du 16 au 17 novembre, et la Lune se couche avant que le radiant ne se lève : les conditions sont bonnes.
Les Léonides 2026 en bref
| Donnée | Valeur |
|---|---|
| Période d’activité | du 6 au 30 novembre 2026 |
| Maximum | nuit du 16 au 17 novembre 2026 |
| Taux horaire zénithal | environ 15 météores par heure |
| Vitesse d’entrée | environ 70 km/s, la plus rapide des grands essaims |
| Corps parent | comète 55P/Tempel-Tuttle |
| Radiant | dans la « faucille » du Lion |
| Lune | premier quartier, couchée vers 23 h 10 |
Sources : IMO, calendrier 2026 ; horaires calculés pour Paris (heure d’hiver) à partir des éphémérides du JPL.
À quelle heure observer depuis la France ?
Le radiant, situé dans la tête du Lion, ne se lève que vers 23 h 20. C’est une bonne nouvelle en 2026, car la Lune, au premier quartier, se couche à peu près au même moment. La meilleure période va de 1 h à 6 h 30 environ, quand le Lion monte haut à l’est puis au sud-est. Plus l’heure avance, plus le radiant est haut, et plus les taux augmentent : c’est une observation de fin de nuit.
La nuit du 17 au 18 novembre reste intéressante, la Lune se couchant alors vers minuit et demi.
À quoi s’attendre ?
Comptez 5 à 10 météores par heure sous un ciel de campagne, parfois un peu plus. Les Léonides sont très rapides : beaucoup sont brèves, mais les plus brillantes laissent des traînées persistantes, vertes ou bleutées, qui peuvent rester visibles plusieurs secondes. Aucune tempête n’est attendue cette année.
1833, 1966, 1999 : les nuits où le ciel est « tombé »
Dans la nuit du 12 au 13 novembre 1833, l’Amérique du Nord assiste à un spectacle inouï. Les témoins parlent de météores « aussi nombreux que des flocons de neige ». Les estimations modernes évoquent des dizaines de milliers de météores par heure. Beaucoup croient à la fin du monde. Cette nuit-là fait naître l’étude scientifique des essaims : l’astronome Denison Olmsted remarque que toutes les traînées semblent venir du même point du Lion, et en déduit que le phénomène vient de l’espace, pas de l’atmosphère.

Le 17 novembre 1966, l’ouest des États-Unis connaît un nouvel orage d’une rare intensité : pendant une vingtaine de minutes, des observateurs de l’Arizona estiment les taux à plusieurs dizaines de météores par seconde. En 1999, c’est au tour de l’Europe et du Moyen-Orient de voir un pic à plusieurs milliers de météores par heure. D’autres sursauts, moins spectaculaires, suivent en 2001 et 2002.

Pourquoi des tempêtes tous les 33 ans ?
La comète Tempel-Tuttle revient près du Soleil tous les 33 ans environ. À chaque passage, elle laisse derrière elle un filament de poussières bien distinct. Quand la Terre traverse de plein fouet l’un de ces filaments encore jeunes et denses, c’est la tempête. Les modèles actuels, notamment ceux développés à l’IMCCE à Paris, permettent désormais de prévoir ces rencontres avec une bonne précision. La comète repassera près du Soleil en 2031 : les années qui entourent ce retour seront à surveiller, même si les prévisions publiées ne promettent pas une tempête comparable à celles de 1833 ou 1966.
Bien observer les Léonides
- Installez-vous face à l’est ou au sud, allongé, loin des éclairages.
- Comptez vingt minutes pour que vos yeux s’adaptent au noir.
- Couvrez-vous comme pour une nuit de ski : à la mi-novembre, les gelées blanches sont fréquentes.
- Pas besoin de jumelles ni de télescope : l’œil nu voit tout le ciel d’un coup.
Pour la photo, un grand-angle lumineux, un trépied et des poses de 10 à 20 secondes suffisent. Visez une zone du ciel à 45° du Lion pour avoir des traînées plus longues.
Étoile filante ou autre chose ?
Une Léonide est un trait de lumière qui dure moins d’une seconde. Si ce que vous voyez glisse lentement, sans bruit, pendant une minute, il s’agit plus probablement d’un satellite. S’il s’agit d’une grosse lumière colorée qui se fragmente, c’est un bolide : notre article sur les boules de feu dans le ciel explique comment les reconnaître et où les signaler. Et pour tout ce qui ne rentre dans aucune case, notre grille d’identification des méprises est un bon point de départ.
Les archives de l’ufologie gardent d’ailleurs la trace de ces nuits : les tempêtes d’étoiles filantes ont longtemps été lues comme des présages, bien avant que l’on parle de soucoupes volantes. Notre dossier sur les phénomènes célestes dans l’histoire revient sur ces interprétations.
Questions fréquentes
Pourquoi s’appellent-elles Léonides ?
Parce que leur radiant se trouve dans la constellation du Lion. Tous les essaims portent le nom de la constellation de leur radiant : Orionides pour Orion, Géminides pour les Gémeaux, Perséides pour Persée.
Les Léonides sont-elles dangereuses ?
Non. Les grains qui les produisent font à peine quelques millimètres et se volatilisent entièrement à plus de 80 km d’altitude. En 1999 et 2001, les agences spatiales avaient seulement orienté certains satellites pour limiter les impacts de poussières.
Quelle est la prochaine pluie d’étoiles filantes ?
Les Géminides, du 4 au 20 décembre, avec un maximum dans la nuit du 13 au 14 décembre 2026. C’est l’essaim le plus riche de l’année.
Sources
- International Meteor Organization, Meteor Shower Calendar 2026, et fiche Léonides.
- Denison Olmsted, « Observations on the Meteors of November 13th, 1833 », American Journal of Science, 1834.
- IMCCE et J. Vaubaillon, modèles de filaments de poussières des Léonides.
- Horaires : calculs OVNI France (éphémérides DE421, JPL), pour Paris.
- Image d’en-tête : une Léonide. Photo : David Wipf, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons.
Laurent N. est le fondateur et rédacteur d’OVNI France, qu’il a relancé en 2026. Astronome amateur, il observe le ciel à l’œil nu, aux jumelles et à la lunette, et suit depuis longtemps l’histoire de l’ufologie. Sa méthode : séparer le récit du témoin de l’analyse, confronter chaque observation aux explications connues (satellites, avions, astres, phénomènes atmosphériques) et s’appuyer sur les sources publiques – GEIPAN, AARO, NASA, archives nationales. Ni moquerie, ni crédulité.

