Image à la une : Mémo du lieutenant-colonel Charles Halt, 13 janvier 1981. Source : US Air Force, domaine public.
Fin décembre 1980, dans la forêt de Rendlesham, en Angleterre, des militaires américains affirment avoir observé des lumières étranges et un objet posé entre les pins. L’incident de Rendlesham est l’affaire OVNI la plus célèbre du Royaume-Uni, au point d’être surnommée le « Roswell britannique ». Il repose sur un document officiel rare : le mémo du lieutenant-colonel Charles Halt.
Les nuits du 26 au 28 décembre 1980
La forêt de Rendlesham, dans le Suffolk, sépare alors deux bases de la Royal Air Force louées à l’US Air Force, Bentwaters et Woodbridge. Aux premières heures du 26 décembre, une patrouille aperçoit des lumières qui semblent descendre dans la forêt. Plusieurs militaires, dont le sergent Jim Penniston et l’aviateur John Burroughs, s’approchent et décrivent un objet lumineux. Le lendemain, trois dépressions sont relevées au sol, et des branches paraissent brisées.
Dans la nuit du 27 au 28 décembre, le lieutenant-colonel Charles Halt, commandant adjoint de la base, mène une équipe sur place avec un compteur Geiger et un magnétophone. Il enregistre ses observations : une lumière rouge « comme un œil » qui clignote entre les arbres, puis des objets lumineux dans le ciel, dont l’un semble projeter un faisceau vers le sol.
Le mémo Halt
Le 13 janvier 1981, Charles Halt adresse au ministère britannique de la Défense un mémorandum d’une page intitulé « Unexplained Lights ». Il y résume les deux nuits et mentionne des relevés de radioactivité supérieurs à la normale près des traces. Ce document, obtenu en 1983 aux États-Unis grâce à une demande d’accès aux archives, a fait de Rendlesham une affaire internationale.
Les explications proposées
- Le phare d’Orford Ness : l’astronome Ian Ridpath a montré que la lumière clignotante décrite par Halt coïncidait avec la direction et le rythme du phare, visible depuis la lisière de la forêt.
- Un bolide : une rentrée atmosphérique très brillante a été observée dans le sud de l’Angleterre au cours de la première nuit.
- Des étoiles brillantes, comme Sirius, pour les lumières observées dans le ciel la seconde nuit.
- Des traces banales : un forestier a identifié les dépressions comme des terriers de lapins, et les niveaux de radioactivité mesurés restaient proches du bruit de fond.
Les partisans du dossier jugent ces explications insuffisantes au regard de la multiplicité des témoins militaires. Certains témoins ont par ailleurs enrichi leur récit au fil des années, ce qui complique l’analyse.
Des archives incomplètes
Le ministère de la Défense a versé ses dossiers OVNI aux Archives nationales britanniques entre 2008 et 2013. En 2011, la BBC a révélé qu’une partie des documents liés à Rendlesham avait disparu, ce qui a relancé les soupçons de dissimulation.

Rendlesham aujourd’hui
La forêt propose aujourd’hui un sentier balisé qui mène au lieu présumé de l’atterrissage. Comme pour l’affaire de Roswell, la notoriété du lieu repose autant sur les témoignages que sur les controverses. Pour découvrir d’autres observations faites par des militaires, lisez notre dossier consacré aux pilotes témoins d’OVNI.
Laurent N. est le fondateur et rédacteur d’OVNI France, qu’il a relancé en 2026. Astronome amateur, il observe le ciel à l’œil nu, aux jumelles et à la lunette, et suit depuis longtemps l’histoire de l’ufologie. Sa méthode : séparer le récit du témoin de l’analyse, confronter chaque observation aux explications connues (satellites, avions, astres, phénomènes atmosphériques) et s’appuyer sur les sources publiques – GEIPAN, AARO, NASA, archives nationales. Ni moquerie, ni crédulité.

