Vue aérienne du Pentagone, siège du département de la Guerre des États-Unis, à Arlington en Virginie

Dossiers OVNI du Pentagone : ce que contient la septième tranche

Image à la une : Le Pentagone, siège du département de la Guerre américain, qui publie les dossiers UAP. Crédit : Tech. Sgt. Andy Dunaway / U.S. Navy (DoD), via Wikimedia Commons, domaine public.

Le 23 octobre 2026, le département de la Guerre des États-Unis a mis en ligne la septième tranche de ses dossiers sur les phénomènes anomaux non identifiés (UAP). Sa pièce la plus récente décrit un objet triangulaire noir observé en 2026 par des agents fédéraux, sans qu’aucune conclusion sur sa nature ne soit tirée.

Le portail officiel war.gov/UFO affiche désormais 478 fichiers au total. Cette publication s’inscrit dans le programme PURSUE, dont nous suivons chaque étape dans notre chronologie des dossiers OVNI publiés sous Donald Trump. Voici ce que contient cette tranche et ce que disent vraiment les deux documents sur le « triangle noir ».

Que contient la septième tranche des dossiers UAP ?

La tranche du 23 octobre se compose de documents PDF, proposés au téléchargement dans une archive unique. Le communiqué du porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, se limite à annoncer la mise en ligne et précise que d’autres fichiers seront publiés au fur et à mesure. Aucun commentaire de fond n’accompagne les documents.

Le contenu couvre plus de soixante-dix ans :

  • des rapports de l’US Air Force des années 1949 à 1957, dont un compte rendu de renseignement aérien en Arabie saoudite (1957) et quatre signalements autour de l’île de Santa Catalina, en Californie (1949, 1952, 1953 et 1955) ;
  • un rapport d’enquête d’avril 2010 sur un ranch de l’Utah ;
  • deux documents de 2026 sur un même événement : un mémorandum de l’AARO et une déclaration d’agents du FBI.

Comme pour les tranches précédentes, le Pentagone présente ces dossiers comme « non résolus ». Le terme signifie que le gouvernement n’a pas pu déterminer la nature du phénomène, le plus souvent faute de données suffisantes. Il ne désigne pas un objet dont l’origine extraterrestre serait établie.

Le triangle noir de 2026 : ce que disent l’AARO et le FBI

Le mémorandum de l’AARO, le bureau du Pentagone chargé des UAP, résume le débriefing de trois témoins, des agents fédéraux chargés de l’application de la loi. Lieu et date exacte sont caviardés : le portail indique seulement « juin 2026, ouest des États-Unis ».

Selon ce document, les agents ont observé à la tombée de la nuit un engin triangulaire noir mat, non réfléchissant. Ils estiment son envergure à 13 à 15 pieds (environ 4 à 4,5 m) et son épaisseur à 30 à 60 cm. L’objet serait monté à la verticale pendant une dizaine de secondes, jusqu’à 60 à 90 m au-dessus d’une ligne de crête, aurait fait du surplace une vingtaine de secondes, puis aurait plongé dans un canyon en deux à trois secondes. Les témoins n’ont entendu aucun bruit. En infrarouge, la signature thermique était uniforme, sans point chaud visible.

« Ce rapport reflète l’interprétation du témoin au moment de l’événement. Ces descriptions ne doivent pas être interprétées comme une indication concluante de la présence ou de l’absence de caractéristiques intrinsèques de l’objet ou de ses performances. »

Avertissement figurant en tête du mémorandum de l’AARO (traduction OVNI France).

La déclaration du FBI (formulaire FD-302) décrit le même épisode avec des différences notables. L’heure n’y est pas la même : 19 h 23 dans le texte du FBI, 20 h 23 heure locale dans le mémo de l’AARO. L’envergure estimée descend à 9 à 15 pieds. Surtout, l’agent rédacteur compare l’objet à un « drone à aile delta » et parle d’un « système non habité ». Selon l’AARO, une inspection du canyon le lendemain matin n’a trouvé ni débris ni trace au sol.

Peut-on le prendre pour un OVNI ?

Au sens strict, oui : l’objet n’a pas été identifié. Mais ces documents décrivent une observation brève, faite au crépuscule, sans mesure radar ni vitesse mesurée.

Plusieurs limites pèsent sur les chiffres. Les témoins ont vu une silhouette sombre se découper sur le ciel encore clair, à une distance estimée entre 2,2 et 5,1 km. Le mémo précise qu’aucune mesure instrumentale de vitesse n’a été obtenue ; les témoins ont estimé la taille en comparant la silhouette aux arbres de la crête. Or la taille et la vitesse d’un objet dépendent directement de sa distance : si l’objet était plus proche que prévu, il était aussi plus petit et plus lent. C’est le piège classique des observations nocturnes, que nous détaillons dans notre guide pour identifier ce que vous avez vu dans le ciel.

L’hypothèse d’un drone, évoquée par l’agent du FBI lui-même, n’est ni confirmée ni écartée par les documents. Les triangles sombres reviennent souvent dans les signalements, de la vague de triangles belges de 1989-1990 aux drones mystérieux observés au-dessus du New Jersey en 2024. Ils ont rarement une explication unique.

Ce qu’il faut retenir

La septième tranche n’apporte pas de révélation. Elle ajoute des archives de la guerre froide et un premier cas récent documenté par deux services fédéraux, dont les récits ne concordent pas sur tous les points. Le Pentagone indique préparer la prochaine tranche, sans donner de date.

Sources

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