En juillet 1999, un document de quatre-vingt-dix pages intitulé « Les OVNI et la défense : à quoi doit-on se préparer ? » est publié en France. Signé par un groupe de hauts gradés, d’ingénieurs et d’experts, il affirme que l’hypothèse extraterrestre est la plus plausible pour expliquer une partie des observations. Plus de vingt-cinq ans après, le rapport COMETA reste l’une des références les plus citées de l’ufologie francophone, et l’un des plus mal compris.
Qui a rédigé le rapport COMETA ?
COMETA signifie Comité d’études approfondies. Il s’agit d’une association privée, composée en majorité d’anciens auditeurs de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN). Le groupe, présidé par le général Denis Letty, rassemblait des militaires, des ingénieurs, des scientifiques et d’anciens responsables du CNES. Le document était préfacé par le général Bernard Norlain, ancien directeur de l’IHEDN. Il a été diffusé auprès des autorités françaises, puis publié au grand public dans un hors-série du magazine VSD.
Point essentiel : le rapport COMETA n’est pas un rapport officiel. Il n’a été commandé ni par le gouvernement ni par l’état-major, et n’engage pas l’IHEDN. Sa notoriété tient à la qualité de ses signataires.
Ce que contient le rapport
- une sélection de cas d’observations jugés solides, en France et à l’étranger, notamment par des pilotes civils et militaires, et des cas étudiés par le GEPAN comme Trans-en-Provence ;
- une présentation des organismes chargés du sujet, en France (GEPAN puis SEPRA) et à l’étranger ;
- une revue des hypothèses explicatives : phénomènes naturels mal connus, engins secrets terrestres, désinformation, et hypothèse extraterrestre ;
- des recommandations pour la défense : renforcer l’étude des phénomènes, coopérer avec d’autres pays européens et préparer les autorités à une éventuelle crise.
La conclusion qui a fait le buzz
Le rapport estime qu’une petite proportion des observations ne peut être expliquée par des causes conventionnelles et que, parmi les hypothèses disponibles, l’origine extraterrestre est celle qui rend le mieux compte des faits. Il ne prétend pas en apporter la preuve, mais demande qu’elle soit examinée sérieusement.
Les critiques
Les sceptiques ont reproché au rapport une sélection de cas favorable à sa thèse, une faible place accordée aux explications psychologiques et aux erreurs de perception, et une argumentation fondée sur l’autorité des signataires plus que sur des données nouvelles. Ils soulignent aussi que plusieurs cas présentés ont depuis reçu des explications plausibles. Les défenseurs du rapport répondent que son objectif était précisément d’inviter l’État à étudier le sujet, et non de trancher définitivement.
Le rapport COMETA à la télévision
Le rapport a été discuté dans de nombreuses émissions consacrées aux OVNI, notamment sur Direct 8 au début des années 2010, avec des invités comme l’ingénieur et auteur Christel Seval ou Julien Geffray, fondateur de l’association UFO-Science. Ces débats ont contribué à faire connaître le document au-delà du cercle des ufologues.
Et depuis ?
Le débat a été relancé à partir de 2017 aux États-Unis, avec la révélation de programmes d’étude du Pentagone, la publication de vidéos de l’US Navy et la création d’un bureau officiel chargé des phénomènes non identifiés. Nous faisons le point dans notre dossier sur la déclassification des dossiers OVNI. En France, le GEIPAN continue d’étudier les signalements, avec une approche prudente qui tranche avec les conclusions de COMETA.
Fondateur et éditeur d’OVNI France. Passionné d’astronomie et d’histoire de l’ufologie, il recueille les témoignages d’observations en France et les confronte aux explications connues (satellites, avions, phénomènes atmosphériques), sans moquerie ni crédulité.
