Image infrarouge d’un UAP au-dessus de la Grèce en 2023, vidéo publiée par le Pentagone en 2026

Dossiers OVNI déclassifiés par Trump : ce que contiennent vraiment les fichiers du Pentagone

Image à la une : Vidéo infrarouge d’un UAP filmé au-dessus de la Grèce en octobre 2023 (DOW-UAP-PR035), publiée sur war.gov/UFO en 2026. Source : Department of War, domaine public.

Le 19 février 2026, Donald Trump annonce sur son réseau Truth Social qu’il va demander au secrétaire à la Défense et aux agences fédérales « d’identifier et de publier » les dossiers gouvernementaux sur la vie extraterrestre, les phénomènes aériens non identifiés et les OVNI. Moins de trois mois plus tard, le 8 mai 2026, le Pentagone ouvre un site public, war.gov/UFO, et met en ligne une première série de documents. Depuis, les publications se succèdent au rythme d’une tous les un à deux mois. Voici ce que ces fichiers contiennent réellement, tranche par tranche, et ce qu’ils ne contiennent pas.

Article mis à jour le 29 septembre 2026, après la publication de la sixième tranche (18 septembre 2026). Nous l’actualiserons à chaque nouvelle publication.

PURSUE, le programme derrière la déclassification

La démarche porte un nom : PURSUE, pour Presidential Unsealing and Reporting System for UAP Encounters, soit « système présidentiel de déclassification et de publication des rencontres avec des UAP ». Le département de la Défense, rebaptisé département de la Guerre, pilote l’opération avec le bureau du directeur du renseignement national (ODNI). Y participent aussi le FBI, la NASA, le département d’État, le département de l’Énergie et plusieurs agences de renseignement.

Le Pentagone présente ce travail comme un chantier historique : des dizaines d’agences, des dizaines de millions de pages, dont beaucoup n’existent que sur papier. Les documents sont donc publiés au fil de l’eau, « à mesure qu’ils sont découverts et déclassifiés ». Tous les dossiers publiés sont présentés comme « non résolus » : le gouvernement américain reconnaît ne pas pouvoir déterminer la nature du phénomène observé, le plus souvent faute de données suffisantes.

Chronologie des publications

TrancheDateVolume approximatifTemps forts
Release 018 mai 2026environ 160 fichiers (dont 28 vidéos et 14 images)dossier « disques volants » du FBI, photos Apollo 12 et 17, câbles diplomatiques, rapport COMETA
Release 0222 mai 2026environ 65 fichiers, surtout des vidéosvidéos infrarouges militaires, premiers enregistrements audio
Release 0312 juin 202672 fichiersarchives CIA, FBI et Pentagone des années 1940 à nos jours
Release 0410 juillet 202640 fichiersvidéos AARO « non résolues », études de la guerre froide
Release 057 août 202641 fichiersauditions de témoins par le FBI, « triangles » lumineux
Release 0618 septembre 2026environ 71 fichiersprogramme AAWSAP, film de Tremonton (1952), vidéos de police

Au total, on compte environ 450 fichiers publiés fin septembre 2026. Les chiffres varient légèrement selon les décomptes (certaines vidéos sont hébergées sur la médiathèque de la Défense, DVIDS, et non sur war.gov).

Première tranche (8 mai 2026) : du Roswell de 1947 aux vidéos infrarouges

Le dossier « disques volants » du FBI

La pièce la plus volumineuse est le dossier du FBI consacré aux « disques volants » entre 1947 et 1968 (référence 62-HQ-83894). Il avait déjà été rendu public en partie, mais cette version comporte moins de passages noircis et quelques pages inédites. On y trouve des lettres adressées au directeur J. Edgar Hoover, des échanges entre bureaux régionaux, et un mémo du bureau de Dallas de juillet 1947 sur Roswell : un major de l’armée de l’air y décrit un « disque » hexagonal suspendu par un câble à un ballon d’environ six mètres de diamètre. Autrement dit, un document d’époque qui va dans le sens de l’explication par un ballon, pas d’un engin extraterrestre.

Un autre échange est révélateur de l’état d’esprit de l’époque : après une vague d’observations dans l’Idaho, un bureau régional demande à Washington comment expliquer ces objets, car leur apparition répétée « sans explication officielle pourrait provoquer l’hystérie ou la panique ».

Les photos des missions Apollo

Six photos prises depuis la surface de la Lune lors des missions Apollo 12 (1969) et Apollo 17 (1972) ont été publiées avec des « zones d’intérêt » encadrées. L’une d’elles, d’Apollo 17, montre trois points lumineux en triangle dans le ciel lunaire. Elle était déjà connue des passionnés. Le Pentagone précise qu’une nouvelle analyse du film original est en cours, et qu’une première lecture suggère « un objet physique dans la scène », sans plus de détail. Un autre document rapporte l’observation par l’astronaute Harrison Schmitt d’un éclair à la surface lunaire, au nord du cratère Grimaldi. Ces éclairs rejoignent le dossier des phénomènes lunaires transitoires, souvent attribués à des impacts de micrométéorites.

Des vidéos militaires récentes

Une vingtaine de vidéos, soit environ 41 minutes au total, montrent des rencontres signalées entre 2020 et 2026 : Irak, Syrie, golfe Persique, détroit d’Ormuz, golfe d’Aden, Grèce. La plupart sont des images de caméras infrarouges qui suivent un point blanc. Un rapport accompagnant une vidéo tournée en Grèce en 2023 décrit un objet effectuant plusieurs virages à 90 degrés à environ 130 km/h. Un pilote décrit aussi un UAP « triangulaire et métallique » à 7 600 mètres d’altitude au-dessus de la Méditerranée.

Des câbles diplomatiques

Le département d’État a versé des télégrammes envoyés par ses ambassades entre 1985 et 2025 (Papouasie-Nouvelle-Guinée, Kazakhstan, Turkménistan, Géorgie, Mexique, Tadjikistan). En 1994, l’ambassade au Tadjikistan relaie le récit d’un équipage de la PanAm qui a vu, à plus de 12 000 mètres, une lumière d’une intensité énorme effectuer des tire-bouchons et des virages à angle droit. Le diplomate conclut sobrement qu’il « n’a pas d’opinion » et transmet le récit « pour ce qu’il vaut ». Pour mettre ce type de récit en perspective, consultez notre dossier sur les témoignages de pilotes.

Les « orbes » observés par des agents fédéraux

Un rapport de 2023 décrit plusieurs équipes d’agents fédéraux, dans l’ouest des États-Unis, qui observent sur deux jours des orbes orange semblant libérer de plus petits orbes rouges, par groupes de deux à quatre. L’un des témoins compare un objet à « l’œil de Sauron » du Seigneur des anneaux. Le rapport ne tranche pas.

Un document français : le rapport COMETA

Détail qui intéressera les lecteurs français : cette première tranche contient une copie du rapport français COMETA, « Les OVNI et la défense : à quoi doit-on se préparer ? », publié en 1999 par un groupe d’anciens militaires et ingénieurs français, conservée dans les archives de la NASA. Le rapport y figure avec une lettre d’accompagnement d’une militante américaine. Sa présence ne dit rien de nouveau sur le fond, mais montre que le document français a circulé dans les administrations américaines.

Deuxième à cinquième tranches (mai à août 2026)

Les publications suivantes ont surtout ajouté des vidéos infrarouges militaires classées « non résolues » par l’AARO, le bureau du Pentagone chargé des signalements, ainsi que des enregistrements audio. Elles ont aussi versé des archives historiques de la guerre froide : correspondance du Project Sign (1948), prédécesseur du Project Blue Book, études sur les « boules de feu vertes » du Nouveau-Mexique à la fin des années 1940, revue de 1947 sur les « fusées fantômes » observées au-dessus de la Scandinavie. La troisième tranche comprenait notamment un rapport de la CIA sur un objet lumineux observé en 2008 au-dessus de l’aéroport d’Harare, au Zimbabwe.

La cinquième tranche (7 août 2026) a introduit un nouveau type de document : des procès-verbaux d’audition de témoins par le FBI, accompagnés de reconstitutions numériques des objets décrits. Plusieurs concernent des « triangles » sombres ornés de lumières, signalés en Afghanistan en 2002 et au Colorado en 2011 et 2023. C’est une forme d’observation bien connue en Europe : la vague belge des triangles de 1989-1990 en est l’exemple le plus célèbre, et de nombreux témoignages de notre base d’observations décrivent trois lumières en triangle.

Sixième tranche (18 septembre 2026) : AAWSAP, Tremonton et police du Colorado

Image infrarouge d’un objet non identifié au-dessus de la mer Jaune en 2023, vidéo publiée par le Pentagone
Objet non identifié filmé en infrarouge au-dessus de la mer Jaune en 2023 (dossier DOW-UAP-PR143). Source : Department of War, domaine public.

Le programme AAWSAP

C’est la tranche la plus documentaire. Elle rend public le dossier du programme AAWSAP (Advanced Aerospace Weapon System Applications Program), financé par l’agence de renseignement militaire américaine (DIA) de 2008 à 2010 environ et confié à une société privée. C’est l’ancêtre de l’AATIP, révélé par le New York Times en 2017 (voir notre chronologie de la déclassification). On y trouve le contrat, ses avenants et une série de 37 études de référence : propulsion « warp », trous de ver, antigravité, métamatériaux, énergie du vide, ou effets de rayonnements sur le corps humain. La presse a relevé des passages sur des effets physiologiques rapportés par des témoins (brûlures, chute de cheveux).

Ces études sont des synthèses de littérature scientifique, pas la preuve que les États-Unis détiennent de telles technologies. Celle consacrée à l’antigravité conclut même que les concepts étudiés ne sont pas réalisables sur le plan technique. Financer la recherche sur un moteur exotique n’est pas en posséder un.

Le film de Tremonton (1952)

Le 2 juillet 1952, près de Tremonton (Utah), un photographe de l’US Navy, Delbert Newhouse, filme en couleur une douzaine d’objets brillants. L’US Air Force le juge honnête et compétent. Le dossier complet du Project Blue Book est désormais public, avec le film numérisé. Les analyses de l’époque ont envisagé des oiseaux reflétant le soleil, des ballons ou un mirage. Des spécialistes des ballons ont jugé que les objets ressemblaient à des ballons « coussins », et les analyses ultérieures se sont montrées de plus en plus convaincues qu’il s’agissait de goélands. Le dossier contient aussi une note interne recommandant de dire au public que l’armée de l’air ne pouvait pas identifier les objets avec certitude, mais qu’elle était « raisonnablement sûre » qu’il s’agissait de ballons ou de goélands.

Le briefing d’Edward Ruppelt

Un enregistrement de mars 1952 restitue un exposé du capitaine Edward Ruppelt, premier directeur du Project Blue Book. Il y indique qu’environ 20 % des quelque 800 cas examinés restaient inexpliqués. Il y reconnaît franchement ne pas savoir à quoi l’armée de l’air a affaire.

Des vidéos de police et de nouvelles vidéos militaires

Pour la première fois, des images proviennent d’une police locale : quatre vidéos tournées au téléphone en octobre 2023 par des agents du Colorado, montrant un objet silencieux aux lumières rouges, bleues et vertes. S’y ajoutent des vidéos infrarouges militaires tournées en mer Jaune et en mer de Chine orientale (2023), et au Moyen-Orient (2025), où six petits objets sphériques groupés changent fréquemment de direction, à une vitesse estimée à environ 770 km/h.

Image infrarouge d’objets non identifiés au Moyen-Orient en 2025, vidéo publiée par le Pentagone
Points lumineux groupés filmés en infrarouge au Moyen-Orient en 2025 (dossier DOW-UAP-PR135). Les rectangles noirs sont des caviardages d’origine. Source : Department of War, domaine public.

Pourquoi tant de passages noircis ?

Dans la première tranche, 108 fichiers sur 162 comportaient des passages caviardés. La proportion est encore plus élevée dans la sixième. Le Pentagone affirme que ces coupes protègent l’identité des témoins, l’emplacement d’installations gouvernementales ou des informations militaires sensibles « sans rapport avec les UAP ». Il assure qu’aucune information sur la nature ou l’existence d’une rencontre n’a été retirée. C’est invérifiable de l’extérieur, et c’est l’un des principaux reproches des sceptiques comme des partisans d’une dissimulation.

Ce qu’il faut retenir

  • Aucune preuve d’une origine extraterrestre. Ni les documents, ni les photos, ni les vidéos publiés n’établissent l’existence d’engins non humains. Le Pentagone lui-même parle de cas « non résolus ».
  • Beaucoup de documents étaient déjà connus. Le dossier du FBI, la photo d’Apollo 17 ou le rapport COMETA circulaient déjà. L’apport principal réside dans des versions moins caviardées, dans les vidéos militaires récentes et dans le regroupement de tout ce matériel sur un site unique.
  • Des archives précieuses pour l’histoire. Pour les historiens du phénomène, ces fichiers éclairent la façon dont l’armée américaine a géré les observations et leur communication depuis 1947.
  • Un contexte politique. Plusieurs médias, comme L’Express, se sont demandé si cette opération de « transparence totale » ne servait pas aussi d’écran de fumée politique, dans la foulée des auditions sous serment au Congrès. Les deux lectures ne s’excluent pas.

Le parallèle avec la France est instructif : le GEIPAN publie ses archives depuis 2007 et classe chaque cas de A (expliqué) à D (inexpliqué malgré des données fiables). Seule une petite minorité des cas reste en D après enquête. Une vidéo infrarouge floue ne suffit généralement pas à trancher, ni dans un sens ni dans l’autre.

Comment consulter les fichiers ?

Les documents sont accessibles gratuitement, sans inscription, sur le site officiel war.gov/UFO. Une base de données permet de filtrer par tranche, par agence, par date d’incident, par lieu et par type de fichier (PDF, vidéo, image, audio). Tout est en anglais. Les documents du gouvernement fédéral américain relèvent du domaine public.

Conseil de lecture : commencez par les fiches de synthèse qui accompagnent chaque vidéo. Elles indiquent le capteur utilisé, la date, la zone et ce que le militaire pensait avoir vu, et sont bien plus parlantes que les images elles-mêmes.

Questions fréquentes

Trump a-t-il déclassifié des preuves de l’existence des extraterrestres ?

Non. Les fichiers publiés décrivent des observations non résolues, des enquêtes historiques et des études scientifiques. Aucun ne démontre l’existence d’une vie extraterrestre ni la récupération d’un engin non humain.

Combien de dossiers OVNI ont été publiés ?

Environ 450 fichiers répartis en six tranches entre le 8 mai et le 18 septembre 2026. D’autres publications sont annoncées.

Où trouver les documents originaux ?

Sur war.gov/UFO, le portail officiel du département américain de la Défense (appelé département de la Guerre depuis 2025).

La France est-elle concernée ?

Indirectement : le rapport français COMETA figure dans la première tranche. En France, les observations sont étudiées par le GEIPAN, rattaché au CNES. Vous pouvez aussi nous signaler votre observation.

Sources

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