Image à la une : Illustration : cette image ne représente pas l’observation d’origine.
Le soir du 10 septembre 1954, à Quarouble, près de Valenciennes, un ouvrier métallurgiste affirme avoir vu un engin posé sur la voie ferrée, à quelques mètres de sa maison, et deux petits êtres casqués. L’affaire de Quarouble ouvre la plus grande vague d’observations de l’histoire de France et reste, soixante-dix ans plus tard, l’un des récits de rencontre rapprochée les plus cités de l’ufologie française.
Le récit de Marius Dewilde
Marius Dewilde, 33 ans, vit avec sa femme et son fils dans la maisonnette du passage à niveau n° 79, sur la ligne qui relie Valenciennes à la frontière belge. Vers 22 h 30, alors qu’il lit le journal, son chien se met à aboyer puis à hurler. Il sort avec une lampe de poche. Il distingue d’abord une masse sombre sur la voie, qu’il prend pour une charrette abandonnée par des contrebandiers.
Il aperçoit alors deux silhouettes d’environ un mètre, qui marchent courbées derrière la barrière. Elles portent une combinaison sombre et un casque sur lequel le faisceau de sa lampe se réfléchit « comme sur du verre ». Au moment où il s’avance, un rayon de lumière très intense jaillit de l’engin : Dewilde se dit paralysé, incapable de crier ou de bouger. Il entend les êtres s’éloigner, puis une porte coulisser. L’objet, d’environ six mètres de long et surmonté d’un dôme, s’élève en oscillant, devient rouge orangé et file vers le sud-ouest.
L’enquête et les traces
Dewilde prévient le commissariat voisin, où l’on commence par douter de lui. Les jours suivants, la gendarmerie puis la police de l’Air se rendent sur place. Les enquêteurs relèvent des marques sur les traverses de bois, à l’endroit où l’engin se serait posé, interprétées à l’époque comme la trace d’un objet lourd. Leur origine n’a jamais été établie de façon indiscutable.

Un emballement médiatique immédiat
Dès le 12 septembre, les journaux parlent de « soucoupe volante » et de « Martiens ». Des dizaines de journalistes se pressent à Quarouble, et Dewilde passe aux Actualités Pathé. Le contexte s’y prête : le film La Guerre des mondes vient de sortir en France, et la presse suit avec passion les observations de « soucoupes » venues des États-Unis depuis 1947. Dans les semaines suivantes, des centaines de récits affluent de toute la France : c’est le début de la vague OVNI de l’automne 1954.
Les hypothèses
- Une rencontre authentique : pour de nombreux ufologues, le récit de Dewilde, qui n’a presque pas varié et ne lui a rapporté que des ennuis, en fait une rencontre du troisième type de référence.
- Une méprise : un véhicule, un engin agricole ou ferroviaire, vus dans l’obscurité par un témoin sous le choc. L’hypothèse explique mal la description détaillée et les traces signalées.
- Une construction a posteriori : les sceptiques soulignent que la presse a rapidement enrichi l’histoire, et que les témoignages de la vague de 1954 se sont nourris les uns les autres.
Quarouble, Valensole, Cussac : les grands RR3 français
L’affaire de Quarouble présente des points communs frappants avec la rencontre de Valensole de 1965 : un témoin seul, de petits êtres, une paralysie, un engin posé et des traces au sol. On retrouve aussi de « petits êtres noirs » dans le témoignage des enfants de Cussac (Cantal) en 1967. Ces récits forment le noyau des rencontres rapprochées françaises, que les archives publiques du service GEIPAN du CNES permettent aujourd’hui de comparer.
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Laurent N. est le fondateur et rédacteur d’OVNI France, qu’il a relancé en 2026. Astronome amateur, il observe le ciel à l’œil nu, aux jumelles et à la lunette, et suit depuis longtemps l’histoire de l’ufologie. Sa méthode : séparer le récit du témoin de l’analyse, confronter chaque observation aux explications connues (satellites, avions, astres, phénomènes atmosphériques) et s’appuyer sur les sources publiques – GEIPAN, AARO, NASA, archives nationales. Ni moquerie, ni crédulité.

