Depuis les premières missions Apollo, la Lune alimente de nombreuses rumeurs : astronautes qui auraient vu des OVNI, structures artificielles sur la face cachée, satellite creux… Notre ancien article « La Lune, base avancée ? » faisait partie des pages les plus lues d’OVNI France. Voici une version mise à jour, qui distingue ce qui relève de la légende et ce qui reste de véritables questions scientifiques.
Les rumeurs autour des missions Apollo
Des transcriptions de dialogues attribués aux astronautes d’Apollo 11 circulent depuis les années 1970 : Neil Armstrong aurait signalé des vaisseaux géants au bord d’un cratère, et la NASA aurait coupé la communication. Ces extraits ne figurent dans aucun enregistrement officiel : les communications des missions Apollo ont été diffusées en direct, suivies par des radioamateurs et d’autres pays, dont l’URSS, et les enregistrements complets sont aujourd’hui publics. Les « ovnis » cités proviennent souvent de reflets, de débris des étages de fusée ou de simples citations sorties de leur contexte.
La face cachée n’est pas une face obscure
La Lune tourne sur elle-même en exactement le même temps qu’elle tourne autour de la Terre : elle nous présente donc toujours la même face. L’autre face, dite « cachée », n’est pas plongée dans le noir : elle est éclairée par le Soleil lors de la nouvelle lune. Elle a été photographiée dès 1959 par la sonde soviétique Luna 3, survolée par les équipages Apollo, cartographiée par de nombreuses sondes, et la mission chinoise Chang’e 4 s’y est même posée en 2019.
La théorie de la « Lune creuse »
En 1970, deux auteurs soviétiques, Mikhaïl Vassine et Alexandre Chtcherbakov, ont proposé que la Lune soit un vaisseau artificiel creux. L’idée s’appuyait notamment sur une expérience d’Apollo 12 : l’impact volontaire d’un étage de module lunaire a fait « vibrer » la Lune pendant près d’une heure, enregistré par les sismomètres. Cette longue résonance s’explique aujourd’hui par la structure d’une croûte sèche, fracturée et très peu amortissante. Les mesures de gravité de la mission GRAIL (2012) et les données sismiques montrent un astre rocheux doté d’un petit noyau, compatible avec l’hypothèse d’une formation par impact géant entre la jeune Terre et un corps de la taille de Mars.
Les phénomènes lunaires transitoires : un vrai mystère
Depuis des siècles, des astronomes rapportent de brèves lueurs, taches colorées ou voiles sur la surface lunaire, en particulier dans la région du cratère Aristarque. Ces phénomènes lunaires transitoires sont pris au sérieux : on les attribue à des impacts de météorites (dont certains ont été filmés), à des dégazages du sous-sol ou à des effets d’observation. Ils n’ont rien d’extraterrestre, mais ils montrent que la Lune n’est pas un astre totalement « mort ».
Des structures artificielles sur les photos ?
Tours, dômes, ponts ou vaisseaux « repérés » sur des clichés lunaires relèvent presque toujours de la paréidolie, la tendance de notre cerveau à voir des formes connues dans des images ambiguës, aggravée par les ombres rasantes et les artefacts de compression. La sonde Lunar Reconnaissance Orbiter, en orbite depuis 2009, photographie la surface avec une résolution de l’ordre de 50 centimètres par pixel : elle a même montré les modules lunaires et les traces de pas des astronautes d’Apollo, mais aucune base.
Pour aller plus loin
Pour les arguments avancés par ceux qui pensent que l’homme n’a jamais marché sur la Lune, lisez notre article sur Apollo 11 et la théorie du complot. Et pour observer la Lune vous-même, une simple paire de jumelles suffit à distinguer cratères et mers lunaires : consultez notre rubrique Observer le ciel.
Fondateur et éditeur d’OVNI France. Passionné d’astronomie et d’histoire de l’ufologie, il recueille les témoignages d’observations en France et les confronte aux explications connues (satellites, avions, phénomènes atmosphériques), sans moquerie ni crédulité.
